Quand l’adrénaline monte

Serge-Dagenais

Serge Dagenais
champion des derby de démolition.

 

Il fait une chaleur torride en ce dimanche de juin. Serge Dagenais de Saint-Chrysostome, son frère Patrice, accompagnés de deux trois garçons arrivent sur le site.

L’un conduit la remorqueuse, l’autre la plate-forme. Ils transportent des voitures sans fenêtre, sans serrure, aux portières enchaînées.

Sur le terrain, les inscriptions se finalisent sur le capot des voitures sous un soleil plombant. Serge est étroitement surveillé par les organisateurs. On l’oblige à changer de pneus. Les règlements diffèrent d’un derby à l’autre, entre une compétition au Stade olympique, à Malone, US ou à Saint-Chrysostome. Il est parti de Saint-Chrysostome, ce matin à 11 h, la première course est prévue pour 13h30, il ne dînera, grignotant à peine un hot-dog.

“J’ai hâte d’être parqué dans le carré. Certains gars disent avoir peur avant. Moi, c’est l’adrénaline qui monte au boutte avant la première course. Après ça va.” nous dit-il. Autour, quelques connaissances du village. “Ah! Les senteurs de caoutchouc brûlé, du gaz qui se mélange à ça, une vraie drogue!”. s’exclame Donald Bourdeau, lui-même coureur et organisateur du Derby de Saint-Chrysostome.

Là-bas, dans le carré, on arrose la piste. Le long des piliers de ciment, des extincteurs sont disséminés, les pompiers sont prêts. Curieusement, aujourd’hui, 13 juin 1993 à l’exposition de Ormstown, il n’y a pas d’ambulance à demeure sur le site lors du début des compétitions de derby de démolition.

Serge revêt sa “chienne”. Tantôt, une fois dans la voiture qu’il utilisera, il bouclera sa ceinture et passera son casque, un “full face”. Il participe à sa première compétition à l’âge de 17 ans, dès sa première course, il gagne. Il conduisait une Ford Maverik 1974. C’est le début d’une longue série de victoires qui se poursuit depuis plus de dix ans. Encore l’an dernier, au Stade olympique, dans une compétition impliquant 26 voitures, il remporte la victoire. Mieux encore, il remporte également la course dans la catégorie “pick-up”. Deux courses, deux victoires. 1985 a été aussi une année faste: il remporte quatre courses (voir photo 1), il en a les bras pleins.

Durant toutes ces années, il n’a jamais été blessé. Quelquefois, il eut mal au cou. Mais il y a la technique. “Quand je recule, il faut avoir le casque bien accoté sur l’appui-tête”. Et son plus mauvais souvenir? Il dit ne pas s’en rappeler. Pourtant, à force de parler, il se souvient cette course à Ormstown, lorsque “la hose du radiateur à exploser” et comme l’auto qu’il conduisait n’avait pas de pare-brise, il a été brûlé légèrement aux bras et au cou. “Depuis ce temps-là, j’ai toujours des autos avec un pare-brise”.

Des oeufs dans le radiateur!

Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte pour être champion de derby de démolition. Il ne s’agit pas seulement d’être habile conducteur, il faut être très bon en mécanique. Serge peut prédire seulement à entendre tourner le moteur d’une voiture si elle va s’arrêter, “certaines autos ont de bonne carrosserie, mais le moteur les lâche tout de suite”.

Et il y a les petits trucs du métier. En 1984, Serge gagne une première course avec une Buick Century 1975, il peut alors participer à la course des gagnants. Évidemment, la voiture sort un peu amochée de la première course. Imaginez que le réservoir à essence coule. Que faire? On frotte alors des pains de savon sur le trou, le savon amollit et obstrue le trou, le temps de participer à la course des gagnants…. et de la remporter. Une auto qui aurait pu faire une troisième course!

« À Malone, quand on est allé acheter des oeufs entre deux courses, le monde se demandait ben ce qu’on voulait faire avec ça! Ils ont pensé qu’on voulait les lancer sur la foule.”En fait, Serge et ses frères n’étaient pas du tout mal intentionnés, sauf que le radiateur de l’auto coulait. Alors, ils ont mis des oeufs dans le radiateur -sans les coquilles-, la chaleur fait frire les oeufs!

Aujourd’hui, Serge course toujours par plaisir, mais aussi “pour défendre l’honneur”. D’ailleurs quelquefois, deux ou trois concurrents d’une même course, concluent une entente tacite “et rentrent dans Dagenais”. C’est la rançon de la gloire. Tout comme ce garçon de 14 ans, Mathieu Hébert de Saint-Chrysostome, qui tourne littéralement autour de Serge, lui fait commenter les voitures autour d’eux, avant le début de la première course, discute mécanique et attend fébrilement le moment où, lui aussi, il pourra participer à la première course de derby de démolition. Il en rêve.

On appelle les concurrents pour les dernières consignes de sécurité, Serge part rejoindre les autres, son casque sous le bras. Dans quelques minutes, ce sera la première course.

Texte : Marcel Labelle

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